Artistes

Les papiers découpés de Matisse : dessiner avec des ciseaux

À plus de soixante-dix ans, affaibli par la maladie, Henri Matisse invente une nouvelle façon de créer : il découpe directement dans la couleur. L’histoire des papiers découpés, et comment les accrocher chez soi.

Par Héloïse, Joli Mur · 30 octobre 2026 · 3 min de lecture

Affiche Papiers découpés verts d'Henri Matisse près d’un fauteuil en velours vert

À plus de soixante-dix ans, affaibli par la maladie, Henri Matisse aurait pu cesser de créer. Il fait l’inverse : avec une paire de ciseaux et des feuilles peintes, il invente une nouvelle façon de travailler. Les papiers découpés sont devenus parmi ses œuvres les plus célèbres, et parmi les affiches les plus aimées de notre atelier.

Matisse en quelques dates

Naissance d’Henri Matisse au Cateau-Cambrésis, dans le Nord de la France.

Au Salon d’automne, ses toiles aux couleurs vives font scandale : la critique parle de « fauves ». Le fauvisme est né.

Il découvre Nice, qui devient son port d’attache pour le reste de sa vie.

Opéré à Lyon, il travaille désormais souvent depuis son fauteuil ou son lit. Les papiers découpés prennent toute leur place.

Parution de Jazz, un livre de vingt planches tirées de ses papiers découpés.

Consécration de la chapelle du Rosaire de Vence, dont il a conçu les vitraux à partir de papiers découpés.

Les Nus bleus : quatre silhouettes découpées dans un même bleu intense.

Matisse meurt à Nice le 3 novembre. Il a travaillé aux papiers découpés jusqu’à la fin.

Découper directement dans la couleur

Ses assistants peignent de grandes feuilles de papier à la gouache, dans les couleurs qu’il choisit. Matisse y découpe ses formes aux ciseaux, sans dessin préalable : feuilles, algues, étoiles, silhouettes.

Les morceaux sont ensuite épinglés au mur de l’atelier, déplacés, ajustés, jusqu’à trouver leur juste place. Matisse comparait ce geste à la taille directe du sculpteur : la forme et la couleur naissent d’un seul mouvement.

Depuis son lit, Matisse dessinait parfois sur les murs et le plafond de sa chambre avec un fusain fixé au bout d’un long bâton.

De Jazz aux murs entiers

Avec Jazz, en 1947, les papiers découpés entrent dans les livres : cirque, voyages, lagons, en couleurs éclatantes. Puis les compositions grandissent jusqu’à couvrir des murs entiers : les vitraux de Vence, les Nus bleus, L’Escargot et La Gerbe en 1953.

L’Escargot (1953) mesure près de trois mètres de côté. Ses grandes formes colorées s’enroulent en spirale, comme une coquille.

Pourquoi on les aime autant

Des formes simples et lisibles, des couleurs franches, une vraie joie de vivre : plus de soixante-dix ans après, les papiers découpés n’ont pas pris une ride. Ils apportent de la couleur à un intérieur épuré et trouvent naturellement leur place dans une maison déjà colorée.

Les tons pastel apaisent sans jamais être fades : parfaits au-dessus d’un lit.

Les feuilles vert sauge rappellent les plantes et s’accordent au bois, au lin et au rotin.

Le rouge accueille avec énergie dès la porte ouverte.

Le bleu, celui des Nus bleus, apporte du calme et une belle profondeur.

Les accrocher chez soi

Pensés comme une série, les papiers découpés vont particulièrement bien par deux : deux affiches de même mise en page, côte à côte, se répondent sans se concurrencer.

Pour un duo, osez deux couleurs qui contrastent, comme le bleu et le rouge : la même mise en page garde l’ensemble harmonieux, et chaque affiche garde sa personnalité.

Une seule affiche ou un duo au-dessus de votre canapé ou de votre lit ? Essayez directement :

Pour aller plus loin

Les papiers découpés ne sont qu’une facette de Matisse. Retrouvez aussi ses peintures et ses dessins sur notre page consacrée à Henri Matisse.

Dans Jazz, les textes qui accompagnent les planches sont écrits de la main même de Matisse, en grandes lettres cursives.

À lire aussi